La semaine dernière, j’ai eu la chance – et le traumatisme, d’écouter le documentaire du Fyre Festival sur Netflix.

J’étais loin du traditionnel « Netflix and chill »… j’ai feelé croche durant les 90 minutes du documentaire. J’étais mêlé entre le fait que ces gars sont des génies, mais aussi des maudits « sans-dessein ! »

Nota Bene
Maudit que Billy McFarland ressemble à Louis-François Marcotte !

Dans les jours qui ont suivi, j’ai vu plusieurs reportages et articles sur le sujet et j’ai décidé de vous partager mon opinion.

Premièrement, il faut comprendre que le GROS problème de ce festival, c’est le manque d’organisation dudit festival. Pour avoir travaillé sur plusieurs événements au cours des 15 dernières années, tous les événements qui se respectent ne commencent jamais à vendre des billets avant d’avoir réfléchi, analysé, structuré et organisé l’événement au grand complet. Normalement, un événement est tellement bien organisé que lorsque les billets commencent à se vendre, on pèse sur le bouton START et tout part comme sur des roulettes.

Mais le réel problème de ce festival, c’est le comité des « organisateurs » (j’ai de la difficulté à les définir comme des organisateurs, ils n’ont finalement pas organisé grand chose) et non les influenceurs ou les médias sociaux. Je dis toujours à nos clients que l’objectif des influenceurs et des médias sociaux, c’est d’amener du trafic dans sa business… Je vais aussi m’assurer d’amener du trafic que ton entreprise pourra gérer plutôt que de faire déplacer 10 000 personnes sur une île pas de toilettes… LOL

Ce qui est intéressant d’analyser, c’est la stratégie numérique qui a été mise de l’avant par la gang du Fyre Festival. Car honnêtement, c’est une des meilleures campagnes de publicité organisées depuis longtemps. Encore une fois – je le répète (avant de me faire lancer des tomates), la campagne numérique était parfaite. Mais la vraie lacune, c’est les bottines des organisateurs qui n’ont pas suivi les babines.

La première chose que j’ai aimé dans la stratégie du Fyre Festival, c’est que les « organisateurs » ont compris l’importance d’en mettre réellement plein la vue ; des beaux visuels, des beaux paysages et des belles personnes. Un des objectifs principaux de l’usage des médias sociaux est de susciter une émotion et pour ça, ils ont très bien réussi. Ils n’ont même pas parlé des bands : ils vendaient seulement l’expérience. Et tout le monde avait envie de vivre cette expérience.

Ensuite, il y a eu la création de leur vidéo stunt. L’équipe de tournage expliquait que c’était le bordel total parce que les « organisateurs » n’avaient aucun script et faisaient continuellement le party. Ils ont appliqué ici un des trucs les plus efficaces pour créer du bon contenu sur les médias sociaux : DOCUMENTER PLUTÔT QUE DE CRÉER. C’est tellement facile et efficace de documenter ce qu’on fait dans le quotidien pour ensuite en ressortir des images et des séquences vidéos adaptées pour les médias sociaux. Nous ne sommes plus à l’ère des vidéos corporatifs standards. On met la caméra sur RECORD et on agit normalement. Ça permet aux gens d’être plus naturels, donc de partager un sentiment d’authenticité envers son audience.

Les gars ont bien utilisé le terme teaser. Créer une vidéo engageante qui incite les gens à vous suivre et qui attendent la prochaine publication, ça crée un build up qui permet – lorsqu’on est prêt, de vendre notre événement, notre produit ou notre service puisque les gens l’attendent déjà avec impatience. Le processus d’achat est donc beaucoup plus rapide.

Ensuite, il y a eu le carré orange, publié simultanément sur 400 comptes Instagram d’influenceur.es et mannequins. Ce genre de stratégie orchestrée permet de créer beaucoup de stimulis sur les médias sociaux. La grosse lacune dans cette stratégie, c’est probablement l’un des points les plus positifs de ce flop. Ce scandale a permis de faire réaliser que les influenceur.es sont extrêmements puissant.es, mais qu’ils se doivent d’être imputables de l’influence qu’ils ont. D’ailleurs, il y a de plus en plus de règlements sur les partenariats rémunérés afin de faire preuve de plus de transparence envers leur implication avec des organisations (les détails de tout ça dans un autre article).


Un autre aspect qui m’a frappé, c’est la puissance des médias sociaux à eux seuls. On parle beaucoup des influenceurs.es qui ont un impact immédiat. On en a eu la preuve, avec le tweet de Trevor DeHaas : il a été vu plus de 50K fois… avec seulement 381 abonnés. Ça démontre que lorsqu’on produit le bon contenu, on est vu et partagé.

Au final, il y a une tonne de bonnes actions dans la stratégie numérique du Fyre Festival et il y a également des erreurs monumentales. La plus grande, c’était d’avoir pris à la légère l’organisation du festival et d’avoir tout fait « broche à foin » style. Ils auraient simplement dû organiser un festival pour 1 000 personnes et ça aurait été un succès fou.

En résumé, prenez exemple sur eux pour la stratégie déployée :

  • Une bonne stratégie réfléchie en amont ;
  • Documenter plutôt que de créer ;
  • Des actions simultanées avec des influenceurs ;
  • Vendre l’émotion.

Et l’essentiel : assurez-vous que l’ours est mort avant de lancer la pub..! 🙂

Marco Bérubé – Président et fondateur de l’Agence MOBUX